Avr 142017
 

Aujourd’hui le Christ notre Seigneur est ressuscité d’entre les morts, aujourd’hui
le Christ par sa résurrection a vaincu la mort et a ouvert aux âmes les sources de la vie
éternelle. Telle est la joie qui nous habite tous en ce saint jour de Pâques et cette joie est le
fondement de notre foi. Jésus a réalisé son passage, sa Pâque, et il a englouti le péché dans
sa résurrection. En ce jour, le Christ Jésus a laissé dans le tombeau les linceuls, qui sont les
symboles de notre infirmité, de notre faiblesse et de notre imperfection. Il sort triomphant
du sépulcre et tout ce qui était mortel en lui a été absorbé par la vie. Et cette résurrection
retentit comme la réponse ultime du Père au psaume 22 que Jésus récitait sur la Croix :
mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? De cette vie entièrement remise qui
était la sienne, le Père en tire une vie nouvelle et en elle nous y trouvons la source de toute
vie.
Mais comment cela nous concerne-t-il ? En quoi la Résurrection de Jésus peut elle
nous être bénéfique ? C’est que loin de constituer un événement isolé et sans lendemain
comme avait pu l’être la reviviscence de Lazare, la Résurrection du Christ elle, est
définitive et constitue un événement universel. Parce qu’en Jésus l’humanité s’était unie à
la divinité et que comme le disait saint Athanase en lui il nous portait tous, les bienfaits de
la résurrection peuvent atteindre l’humanité entière. Et cela fait le fond de tout le mystère
pascal. Si Jésus est mort pour tous les hommes, sa résurrection veut s’appliquer également
à tous les hommes. Et le moyen que le Seigneur a choisi pour nous y faire participer c’est
le baptême, baptême qui nous plonge dans la mort et la résurrection du Christ baptême
qu’il a enjoint à ses disciples de donner à tous.
Ainsi, la résurrection constitue-t-elle en plus de la preuve ultime de la divinité de
Jésus, le moyen de notre union à Dieu. Désormais, nous appartenons à Dieu, et notre vie
c’est le Christ. Son triomphe est donc aussi le nôtre, ne l’oublions pas, et notre foi nous fait
affirmer que nous participons déjà à la gloire que Jésus possède auprès de son Père par la
grâce qu’il nous donne. Oui, Nous sommes vivants de cette vie divine même si notre état
de perfection est toujours à venir. Nous le savons, la sainteté inaugurée au baptême ne se
réalise que peu à peu, par étapes successives. Tâchons alors de faire en sorte que chaque
Pâque, que chaque jour de cette période sainte qui s’étend de la Résurrection à la
Pentecôte produise en nous une mort plus complète au péché et une croissance plus
vigoureuse et plus abondante de la vie du Christ ressuscité.

Abbé Alexis de MONTS

Lectures dominicales du 16 avril