Avr 062012
 

Mais arrivons-nous à mesurer cet événement décisif, si tant est qu’on puisse y parvenir ?

Déjà lorsque Jésus avait annoncé par trois fois à ses disciples sa passion, sa mort et sa résurrection, les Evangiles nous disent qu’ils ne comprenaient pas ce que le mot même de « résurrection » voulait dire. De fait, il s’agit de tout autre chose que la vie redonnée à des morts comme Dieu l’a permis à l’intercession de ses fidèles, même avant Jésus qui, Lui, l’a fait de sa propre autorité pour trois personnes dans l’Evangile puis des dizaines d’autres en son nom.

La résurrection comme la présence réelle du Christ dans l’eucharistie ou encore les miracles dépassent notre entendement. Les propriétés du corps ressuscité du Christ sont telles qu’il faudra qu’Il se manifeste à ses disciples au fur et à mesure qu’Il les rencontre, car ils ne le reconnaissent pas immédiatement. C’est vrai lors de la première apparition à Marie-Madeleine au matin de Pâques jusqu’à la troisième série d’apparitions, un mois après au bord du lac de Galilée, et que relate l’Evangile St Jean. Le Christ est entré dans un autre monde et en même temps c’est aussi ce monde ci, qui, réellement avec son corps , est assumé dans la gloire et se trouve, à l’Ascension, à la droite du Père.

La résurrection du Christ et notre propre résurrection avec Lui (cf. 1 Corinthiens 15), nous plongent dans un abîme de réflexion mais ont aussi de conséquences pratiques sur notre conception de la vie humaine et son sens. Il n’y a pas le corps et l’âme d’un côté : ils forment l’identité humaine inséparablement et on doit profondément les respecter même s’il y a une hiérarchie entre eux (« Ne craignez pas la mort du corps mais celle de l’âme » dit Jésus. Le corps est appelé à être transfiguré en corps de gloire, d’où sa dignité. Nous savons que dès la conception, où notre patrimoine génétique nous est donné, nous recevons de Dieu une âme créée immortelle et que la résurrection des corps attend tous, bons comme méchants (Cf St Jean 5, 29). Mais aux justes seulement sera accordé le Royaume des cieux…

Que cette joie immense de la résurrection du Christ illumine toujours les sept néophytes de notre paroisse qui viennent de recevoir le baptême en cette nuit de Pâques pour avoir part à la vie éternelle.

 Abbé C. Malcor, curé

Lectures dominicales du jour de Pâques