Fév 032017
 

« Le Verbe était la lumière véritable qui éclaire tout homme » lisons nous dans le prologue de saint Jean. Ici en saint Mathieu, emplis de lumière qu’ils sont, le Seigneur invite les disciples, donc l’Eglise, à devenir lampe, c’est à dire à guider l’humanité maintenue dans les ténèbres de l’ignorance et du péché vers la Vérité tout entière. Car Dieu en plus de venir révéler qui Il est, vient également révéler l’homme à lui-même : « l’homme s’il est éloigné de Dieu disait le Pape Benoit XVI sera toujours éloigné de lui- même. Il ne peut se retrouver lui-même qu’en rencontrant Dieu ». Voilà pourquoi les chrétiens doivent enseigner le monde selon la Vérité qu’ils ont reçue et qui ne leur est pas uniquement réservée.

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique le rappelle avec force : « L’Église,  » colonne et soutien de la vérité  » (1 Tm 3, 15),  » a reçu des Apôtres le solennel commandement du Christ de prêcher la vérité du salut  » (LG 17).  » Il appartient à l’Église d’annoncer en tout temps et en tout lieu les principes de la morale, même en ce qui concerne l’ordre social, ainsi que de porter un jugement sur toute réalité humaine, dans la mesure où l’exigent les droits fondamentaux de la personne et le salut des âmes  » (CIC, can. 747). Ce commandement du Seigneur ne saurait s’éteindre sans que la lumière de sa Grâce ne disparaisse également.

Depuis sa venue dans le monde, le Christ, Sol invictus, est en effet celui qui nous a ouvert les yeux sur le sens de la vie humaine. Créateur et Sauveur Il éclaire tant notre intelligence que notre foi afin de leur permettre d’atteindre la Sagesse divine. Ainsi la Lumière de la Vérité peut-elle devenir accessible jusqu’aux plus simples d’entre nous car, durant tout son pèlerinage terrestre, « entre persécution du monde et consolation de Dieu » l’Eglise reçoit du Christ la mission d’illuminer la création par la Bonne Nouvelle et de faire resplendir en chaque personne sa dignité d’homme créé à l’image de Dieu.

De la sorte, les chrétiens pourront devenir, selon l’auteur antique de la Lettre à Diognète, comme l’âme de ce monde : , « les chrétiens, tout en se conformant aux usages locaux de cette cité terrestre, doivent cependant manifester les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur république spirituelle. Ils vivent dans la chair mais ne vivent pas selon la chair ; ils vivent sur la terre, mais sont citoyens du ciel. En un mot, rajoute-t-il, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde ».

Abbé Alexis de MONTS

Lectures dominicales du 5 février