Oct 162015
 

Sans trop verser dans le pessimisme ambiant, force est de constater qu’il manque à notre époque une autorité légitime pour la guider tandis qu’il se présente par trop souvent des personnes dont la seule ambition est d’exercer un pouvoir. Pour ces derniers, il ne leur est sans doute jamais venu à l’esprit qu’un pouvoir sans l’autorité qui le légitime est voué à la déliquescence voir à la tyrannie. Quant aux premiers, il faudrait qu’ils apprennent que l’autorité ne se décrète pas, encore moins se prend-elle. Elle ne peut que se recevoir. Dans un tel contexte, la crise politique que nous vivons en France depuis longtemps est assurément une crise profonde de l’autorité tout autant que celle du pouvoir.

Nous le savons, le pouvoir assure à celui qui l’exerce la capacité d’action en vertu des forces qui lui sont concédées. L’autorité a pour but, quant à elle, comme son étymologie l’indique, de faire grandir les personnes dont elle a la charge. C’est ainsi qu’un pays, dévitalisé de toutes ses forces vives, tant spirituelles que matérielles et coupé de son passé ne pourra plus exercer un pouvoir visant le bien commun. Il lui sera également impossible de faire montre d’autorité car il ne pourra plus s’appuyer sur des principes transcendants, le relativisme ayant fait table rase de toute morale. Il conviendrait alors que toutes les personnes qui ont en charge la chose publique se souviennent que leur tâche première est de servir leur pays à travers le mandat qu’ils ont reçu et non pas de se servir de lui pour assouvir une ambition ; que leur pouvoir ne leur vient pas d’eux-mêmes mais bien de Dieu comme cause première et du peuple comme cause seconde ; que leur autorité ne pourra être véridique qu’en raison de l’exemple qu’ils donnent et du dévouement au bien commun qu’ils manifestent. Ainsi la recherche de la première place pourra se concevoir, elle devra même être encouragée car elle deviendra non plus une manifestation d’orgueil mais une volonté de mettre en œuvre ce que l’on a vu être le mieux pour tout un peuple. Ce n’est qu’en reprenant ces principes que le chrétien pourra devenir le meilleur serviteur de l’Etat et que l’autorité qu’il dégagera pourra servir d’exemple afin de relancer tout un peuple. La personne providentielle que notre France attend ne pourra venir que du milieu qui croit justement en la sainte providence. En effet, si « Les chefs des nations païennes commandent en maîtres » nous rappelle le Seigneur dans l’Evangile de ce dimanche, ce chef de la fille aînée de l’Eglise ne devrait alors que se souvenir qu’il « est notre serviteur » pour commencer de recouvrer l’autorité qui fait tant défaut aujourd’hui.

Abbé Alexis de MONTS

Lectures dominicales du 18 Octobre