Juin 172011
 

« AU NOM DU PÈRE ET DU FILS ET DU SAINT ESPRIT ». Nous disons cela au début de chaque prière et de chacune de nos messes. Dans la récitation de l’office divin, nous disons encore « Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit » à la fin de chaque psaume. Nous disons ces mots souvent, ils passent vite dans notre esprit, et nous pourrions ne plus voir que nous touchons au cœur du mystère de Dieu.

L’homme ne pouvait pas découvrir par lui-même que Dieu est le Père, le Fils et le Saint Esprit, tout au plus pouvait-il comprendre qu’il est un. Dieu seul peut manifester et révéler son être et sa vie intime. À Moïse, tout d’abord, il se révèle comme « Le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité ». Il ne se révèle pas encore comme trois Personnes, mais comme un Dieu qui n’est pas insensible et lointain, qui aime tendrement son peuple. Cela autorise Moïse à demander à son Dieu de marcher au milieu de nous. Le peuple peut chanter la louange et la gloire éternelle de son Dieu. Il y a une relation réelle et concrète entre le peuple à la tête dure et le Seigneur plein d’amour et de fidélité.

Seule l’Incarnation, la présence dans notre histoire du Fils de Dieu fait homme peut nous dévoiler le mystère de Dieu. Jésus se distingue nettement du Père avec lequel pourtant il est « Un ». Il distingue aussi de lui l’Esprit Saint qui est pourtant son Esprit et l’Esprit du Père, l’union d’amour du Père et du Fils.

Nous pouvons alors comprendre que Dieu n’est pas seulement face à nous dans l’immensité de son mystère mais que nous pouvons nous laisser saisir par lui, vivre en lui, de sa propre vie. En croyant au Fils unique envoyé par le Père dans le monde, nous trouvons le salut, nous ne sommes pas jugés mais sauvés par Dieu. Nous pouvons, dans le Fils, nous tourner vers le Père, animés par l’Esprit Saint. Nous vivons alors en Dieu.

Si nous vivons en Dieu, de la vie du Père, du Fils et du Saint Esprit, nos relations sont changées. Celui qui était notre contemporain, notre collègue, notre voisin ou notre ami devient notre frère. Non parce que nous sommes animés de bons sentiments, mais parce que nous vivons de la même vie divine. Nous voyons le sens très concret pour saint Paul de la charité fraternelle dans la salutation de la deuxième épitre aux Corinthiens. « Encouragez-vous, soyez d’accord entre vous… exprimez votre amitié en échangeant le baiser de paix. Tous les fidèles vous disent leur amitié ». Cette charité concrète, non pas seulement affective mais théologale, est missionnaire. En la vivant vraiment et simplement, nous aiderons nos contemporains à croire au nom Fils unique de Dieu qui nous sauve.

Abbé Armel d’Harcourt, administrateur

 

Lectures dominicales du 19 Juin 2011