Avr 252014
 

En ce dimanche de la Miséricorde, notre pensée se tourne vers les Bienheureux Jean-Paul II et Jean XXIII qui aujourd’hui seront canonisés. Ils ont crié au monde entier d’ouvrir toutes grandes les portes au Christ et mis en valeur le ministère ecclésial de la miséricorde divine. Le sentiment qui prévaut aujourd’hui est justement celui de la miséricorde de Jésus pour ses Apôtres et pour tous les hommes qui, remplis d’un sentiment de crainte, continuent d’avoir un cœur fermé comme les portes du Cénacle. Après le récit des femmes qui ont vu Jésus vivant et le tombeau vide, les Apôtres ne savent quoi penser. Pourtant, ils auraient dû se rappeler ce que Jésus leur avait dit : «  Je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie » (Jn16, 22). Soudain, lorsque Jésus apparait au milieu d’eux, les portes étant fermées, leur tristesse se transforme en joie. Jésus leur montre les blessures de ses mains et de son côté, signes irréfutables que c’est bien lui, leur maître. Il les rassure en disant : « La paix soit avec vous !» et leur donne le pouvoir de remettre les péchés.

Comme le Christ l’a fait pour les Apôtres, l’évêque transmet lui aussi ce pouvoir de l’Esprit Saint en imposant les mains aux ordinands, pouvoir qui leur permettra de dispenser les sacrements, entre autres de pardonner les péchés. A travers chaque sacrement, Jésus-Christ en personne agit personnellement pour sauver l’homme. Les sacrements sont en effet bien plus que de simples souvenirs ou évocations des signes réalisés par Christ. En dispensant les sacrements, l’Eglise se met en quelque sorte au pied de la croix pour apporter le salut à tous ceux qui voudront bien accepter la miséricorde de Dieu. Comment pourrait-elle oublier que la source vive des grâces du salut continue de jaillir des blessures du Christ ?

Jésus donne aux Apôtres un ordre : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Envoyer où ? Pour quoi faire ? La réponse nous fait découvrir la raison d’être de l’Eglise : Jésus l’a voulue et instaurée, comme le prolongement de lui-même permettant l’actualisation continue de sa mission salvifique, pour annoncer à tous les hommes, de tous les temps, sa mort et sa résurrection ; c’est-à-dire le salut qu’Il a accompli, pour que les hommes ne soient pas prisonniers de leur mort spirituelle. D’où les paroles de Jésus : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, il leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, il leur seront retenus ». Il les envoie donc proclamer sa miséricorde infinie. Profond mystère et terrible responsabilité ! Dieu a voulu avoir besoin d’hommes qui, à la suite et à l’image du Christ, continuent à proclamer et à transmettre sa miséricorde. En conclusion, l’Evangéliste nous donne la condition pour obtenir cette miséricorde : «  Pour que vous croyez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant vous ayez la vie en son nom ». Peu de temps auparavant, Jésus avait invité saint Thomas à toucher ses blessures et lui avait dit ces paroles à la fois si consolantes et inquiétantes : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! ».

La Foi est donc la condition pour être pardonnés et avoir la vie. Nous faisons tous partie de ceux qui n’ont pas vu mais sont néanmoins invités à croire. L’épisode de Thomas nous concerne chacun personnellement et nous conduit à nous interroger dans l’intimité de notre cœur : est-ce que je crois vraiment que Jésus est pour moi, aujourd’hui, le Christ Sauveur, le Fils de Dieu qui m’interpelle personnellement et me déclare bienheureux si je le reconnais en tant que tel ? Ou bien Jésus est-il seulement pour moi un homme qui a vécu il y a deux mille ans ? En ce qui me concerne, je n’ai pas vu Jésus, je ne l’ai jamais touché, mais en revanche, j’ai accepté de me laisser toucher par son amour et sa miséricorde, et mon cœur est blessé d’amour pour Lui. Oui, montrons à Jésus les blessures de nos anciens péchés, objets de sa miséricorde, et acceptons de le laisser toucher les blessures d’amour de notre cœur, pour lui montrer que nous croyons en lui, que nous mettons en lui notre espérance et que nous l’aimons par-dessus tout. Jésus, tu es mon Sauveur, aie miséricorde de moi !

Don Carlo Cecchin

Lectures dominicales du 27 avril