Jan 142011
 

« Je ne le connaissais pas ! ». Qu’est-ce que Jean-Baptiste n’avait pas compris comme il aurait dû ? Que Jésus était le Messie ? Qu’il était un « fils de Dieu » comme les patriarches et les prophètes ? Pourquoi cette expression toute nouvelle « Agneau de Dieu » qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans la Bible, seulement dans ce verset du 4ème évangile, et encore, avec un mot grec très rare, qu’on ne trouve que dans Homère et qui n’est pas du tout le mot habituel pour désigner un agneau !

Un « agneau » est une bien pauvre image pour désigner un roi, un messie, un vainqueur. Il faut autre chose qu’un agneau pour arrêter l’injustice, la méchanceté, la guerre. Comment les Juifs pouvaient-ils comprendre ? L’agneau leur rappelait surtout le repas organisé par Moïse : le sang de cet agneau devait marquer les maisons juives pour écarter l’ange de la mort. Isaïe parle bien d’un agneau qui est sacrifié comme une sorte de bouc émissaire. On se débarrasse sur lui de notre culpabilité. Mais il « n’enlève pas le péché du monde ». Le Vendredi Saint Jésus va mourir à l’heure même où les prêtres du temple sacrifient les agneaux pour le repas de Pâque. Mais Jésus meurt en dehors du temple et de la ville sacrée et son repas de Pâque a déjà eu lieu la veille.

C’était le jeudi que Jésus était l’agneau que l’on mange pour enlever notre péché. Nous le proclamons avant de communier. Jésus est bien « l’Agneau » mais d’une manière nouvelle. L’Apocalypse nous éclaire un peu. Avec des images surréalistes l’Agneau est comme un lion redoutable. Et on lui donne des cornes comme un bélier. Comme pour dire que Dieu avec toute sa puissance entre dans le combat contre le mal mais avec des armes divines qui sont : patience, pardon, miséricorde. Nous sommes loin de nos petits agneaux tendres et doux. Jésus est l’Agneau de Dieu, le Dieu Agneau. Plus que le don de Dieu, c’est Dieu qui se donne à nous.

Et l’Esprit de Dieu repose sur Jésus « comme une colombe ». De nouveau une association de mots incompatibles. L’Esprit de Dieu, c’est le souffle de Dieu, la puissance infinie de Dieu comme sur terre la respiration de la planète avec ses tornades, ses cyclones. Et cette force incroyable est liée à l’image de la colombe, un oiseau fragile qui est « porté par le vent ».

L’allusion au 1er verset de la « Genèse » est évidente. « L’Esprit de Dieu voletait sur les eaux » ; les juifs y voyaient Dieu comme l’oiseau qui « couve » ses petits, parce que nous sommes les enfants de Dieu et nous n’avons pas encore fini de naître. Les péchés de toutes sortes continuent de proliférer. Mais la racine du mal, le « péché du monde » est enlevé. C’est-à-dire que Dieu est désormais au milieu de notre vie. Nous sommes la « maison de Dieu ».

Jean-Baptiste a proclamé tout ce que nous pouvons dire de Jésus, comme dans ce tout premier « Credo » qui est notre « Gloire à Dieu » : Seigneur Dieu Agneau de Dieu le Fils du Père, Toi qui enlèves le péché du monde, Toi seul es Saint, Toi seul es Seigneur….

Père Georges PERIÉ

Lectures du dimanche 16 janvier 2010