Oct 192012
 

« La célébration de la Journée Missionnaire mondiale se charge cette année d’une signification toute particulière. Le 50ème anniversaire du Décret conciliaire Ad gentes, l’ouverture de l’Année de la Foi et le Synode des Evêques sur la nouvelle évangélisation concourent à réaffirmer la volonté de l’Eglise de s’engager avec plus de courage et d’ardeur dans la mission ad gentes afin que l’Evangile parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » (Benoit XVI : message pour la journée mondiale missionnaire)

Selon le décret conciliaire  Ad Gentes, la principale tâche entrant dans l’apostolat missionnaire des laïcs est « le témoignage du Christ, qu’ils doivent rendre par leur vie et leur paroles, dans leur famille, dans leur groupe social, dans leur milieu professionnel. Il faut donc qu’apparaisse en eux l’homme nouveau créé selon Dieu dans la justice et la sainteté véritable. Ils doivent exprimer cette nouveauté de vie (…) afin que la foi au Christ et la vie de l’Eglise ne soient plus étrangères à la société dans laquelle ils vivent. » (AG 21).

L’appel à l’évangélisation, qu’il soit lancé vers les missions lointaines ou dans les lieux qui nous sont les plus familiers, entre en consonance, et ce de manière peut-être non évidente avec l’évangile de ce dimanche. Car, en fait, évangéliser consiste fondamentalement à servir ; servir Dieu pour sa plus grande gloire, servir l’humanité pour son plus grand salut. Mais ce service ne consiste pas à s’agenouiller devant le monde comme on sert une idole, car ce monde, nous le savon, n’est que transitoire, et son image doit passer de sorte que le temps des fruits passera celui des fleurs.

Ainsi loin de vouloir embrasser le monde et ses usages, le disciple du Christ, doit donc au contraire s’en démarquer. Il doit manifester par son attitude que sa vie est ailleurs et qu’il possède un trésor, le Christ, qui n’est pas de ce monde et pour lequel il a tout vendu, pour pouvoir l’acquérir. Dans sa vie professionnelle le chrétien fera ainsi prévaloir l’idée de service sur l’idée d’intérêt, le bien commun sur le bien individuel. Mais aussi il aura à cœur de devenir un serviteur éminent donc à vouloir s’assurer non pas tant un succès qu’une valeur professionnelle éminente. Et cela par un travail acharné toujours poursuivi, en vue d’une compétence toujours accrue.

Par cette phrase du Christ « celui qui veut être le premier se fera l’esclave de tous », le disciple prend ainsi conscience que la véritable valeur de la vie est de se donner, à Dieu d’abord et ensuite aux hommes. Quelque soit la tâche à laquelle il collabore, le chrétien dans le monde doit croire qu’il collabore à l’avènement du Règne de Dieu. Que sa vocation soit intellectuelle ou manuelle, qu’il soit porté vers les tâches de direction ou d’exécution, ou vers les œuvres culturelles les plus désintéressées, le chrétien devra donc y voir en fin de compte la forme spéciale que prendra en lui la foi s’exerçant par la charité. Cela signifie qu’il devra faire de l’œuvre à laquelle il se sentira destiné sa façon propre de vivre la charité, le don de soi au dessein de Dieu lui-même découvert par sa foi.

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 21 octobre