Nov 132015
 

Le soleil se cache. C’est une manière de dire qu’une lumière infiniment plus belle va se lever. Sur nous et sur cette matière terrestre qui est notre berceau. Laissons les savants calculer l’usure du cosmos. Les optimistes pensent que nous trouverons bien le moyen de survivre. Les pessimistes pensent que l’espèce humaine disparaitra comme les autres espèces. Jésus parle de toute autre chose. Il nous dit que Dieu tiendra sa promesse.

Ce ne sera pas une sorte de consolation où Dieu nous donnera tout ce que nous souhaitons et que nous n’avons pas obtenu. Ce ne sera pas un atelier de réparation pour les énormes dégâts que nous causons à la vie à l’humanité et à la terre. Mais ce sera peut être bien une douleur, une crainte de Dieu, un aveu une contrition, une décision répétée pour Dieu, un « purgatoire ».

Il y aura une rupture impitoyable entre ce que nous avons voulu et réalisé sans le Christ ou contre lui et le projet que Dieu ne cesse de vouloir et de réaliser à sa manière. Mais nous serons à nu devant Dieu avec la conscience de notre immense pauvreté et de ce désir d’amour que Dieu a mis en nous créant. Et pour la première fois nous sentirons que nous sommes capables de dire « oui Seigneur ! Je veux et je peux t’aimer ».

Plutôt que « le monde finira » il vaudrait mieux dire « Notre monde va éclore ». il n’a pas encore donné son fruit. Comme un figuier dont on espère, dont on attend un fruit merveilleux. Un peu comme Paul sur la route de Damas : il est jeté à terre avec une partie de sa vie. Mais voilà qu’il se sent inséparable de Jésus pour toujours.

Dieu ne peut pas créer un monde nouveau comme on invente un autre objet après avoir jeté le précédant. Il tire quelque chose de neuf de ce qui était déjà en gestation. Car le nouveau monde est déjà là avec la résurrection de Jésus. Nous tenons dans nos mains la fin du monde en recevant l’Eucharistie : « Nous célébrons ta Résurrection et nous attendons ta venue dans la gloire ».

Je ne boirai plus de ce vin disait Jésus jusqu’au jour où je le boirai de nouveau dans le Royaume ». Ainsi la mission du Christ Incarnation et Rédemption n’est pas encore déployée. Mais sa réalité est déjà commencée. C’est une parole d’amour et de joie qui a créé notre monde « Dieu vit que cela était bon » Ce n’est qu’une parole d’amour qui peut faire fleurir notre pauvre monde. Et nous ne pouvons que dire « Viens Seigneur ».

Abbé Georges PÉRIÉ

Lectures dominicales du 15 Novembre