Sep 122010
 

«Notre diocèse est engagé dans un programme pastoral : « Paroisses en mission » qui se déploie sur trois années. « Eucharistie et mission, « famille et jeunesse », « éthique et solidarité » rythment ce travail. (…) Cette année, nous entamons une réflexion sur la famille et la jeunesse. Il s’agit de développer les capacités de nos paroisses et communautés à porter vraiment les familles telles qu’elles sont et les aider à enfanter les jeunes à la liberté humaine et chrétienne. Par cette lettre, je voudrais nourrir la réflexion de tous et aussi fournir un support aux assemblées paroissiales. »

Cardinal André Vingt-Trois

D’emblée, l’archevêque invite non seulement à entrer dans une réflexion, mais à déboucher sur des initiatives concrètes pour le bien des familles et celui de la formation des jeunes. Le plan de sa Lettre lui-même dit bien l’intention portée : encadrées par une introduction et une conclusion, 3 parties :

1. De profondes mutations

2. Que voulons-nous vivre ?

3. Que pouvons-nous faire ?

L’archevêque part du constat que « dans notre société occidentale, (…) la famille comme la jeunesse sont plus vécues comme des problèmes que comme une espérance ». A la fois « objet de grande attentes » et « fortement contestée », la famille se trouve dans une situation contrastée. De même la jeunesse.

L’objectif de l’année pastorale « Famille et jeunesse » que demande l’archevêque est clair : « Je voudrais que nos réflexions de cette année et les actions qui seront engagées nous rendent confiance dans notre avenir et fassent de nous des témoins d’une espérance pour nos contemporains : l’amour conjugal, la responsabilité parentale, l’expérience familiale, le temps de la croissance et de l’éducation ne sont pas fatalement voués à l’échec et à la souffrance. Ils peuvent véritablement être un chemin de bonheur et de joie. »

L’analyse de Mgr Vingt-Trois à propos de la famille et du mariage, c’est que les mutations des deux derniers siècles viennent d’une « privatisation complète des comportements et des motivations ». Et cependant, note-t-il, « le crédit dont jouit la famille et les espérances qu’elle porte créent un désir de garder le nom, « la marque », et de l’appliquer sur des réalités humaines vécues qui ne sont pas du tout les mêmes. Pourquoi tient-on tellement à garder la marque ? »

Ainsi, la seconde partie, beaucoup plus longue, s’ouvre-t-elle sur une proposition simple : « Si nous voulons avancer, notre première tâche est d’essayer d’exprimer d’une façon claire ce que nous mettons derrière le mot « famille ». Cet effort de formulation dans nos échanges doit nous permettre de mieux préciser ce à quoi nous tenons et dont nous voulons témoigner auprès de nos contemporains. »

Pour aider à cette réflexion, l’archevêque rappelle, à partir « d’études qui ont été réalisées dans la période moderne », un invariant. Tout en sachant que « selon les époques et les cultures, la liaison entre ces trois objectifs a pu prendre des formes différentes », on remarque que « toutes les sociétés ont élaboré des processus d’éducation dont la famille est le pivot central autour duquel sont liés

• l’objectif de la stabilité des époux,

• l’objectif d’une certaine réussite de l’éducation de leurs enfants

• et l’objectif d’une vision prospective pour une société. »

La suite de cette seconde partie donne des éléments de réflexion sur ces trois objectifs.

La troisième partie s’ouvre sur une question : « Une fois mieux éclairés sur les enjeux de la famille, peut-être vous demandez-vous : « Que nous faut-il donc faire ? » » Un peu plus loin arrive une indication : « Si vous avez accepté de considérer qu’il y a quelque chose à faire et que vous pouvez faire quelque chose, je vous propose quelques pistes de réflexion pour progresser. »

Et l’archevêque de détailler cinq points qui lui apparaissent fondamentaux pour la mise en œuvre d’un renouveau :

• La force du lien entre les époux

• L’obéissance des parents

• La liberté des parents par rapport à leurs enfants

• Affronter les conflits

• L’expérience de la miséricorde.

Dans sa conclusion, l’archevêque affirme que « chacune de nos paroisses doit agir » dans le domaine de la famille et celui de la jeunesse « et que chacune, au cours de cette année, doit revoir clairement les actions déjà entreprises pour les améliorer et celles qui restent à entreprendre, en fonction de l’évolution de la population à laquelle nous sommes envoyés. »

Il évoque quatre pistes significatives, mais qui ne sont que des exemples :

• L’assemblée dominicale. « Elle doit être le premier lieu d’accueil des familles. »

• Le soutien éducatif. « Toute la communauté paroissiale est concernée par l’investissement nécessaire à l’éducation des jeunes, écoliers, collégiens et lycéens. »

• Rencontre entre couples. « La grande mobilité des jeunes couples rend particulièrement urgent l’objectif de susciter des groupes de rencontre, de dialogue et de partage entre chrétiens. »

• L’art de la retraite. Le souci que les retraités qui se mettent au service de la paroisse [« trouvent un fruit spirituel à leur engagement paroissial ». « Nous avons aussi à réfléchir sur leur place dans le dispositif éducatif. »