Nov 102011
 

Le pèlerinage terrestre dans lequel nous sommes engagés nous destine à entrer dans cette demeure divine où tous les pleurs cesseront et où, comme le rapporte saint Jean dans l’Apocalypse, la mer n’existera plus, pas plus que la nuit, car il n’y aura plus de mort et le Christ sera notre lumière éternelle. Ce sera alors la béatitude à laquelle nous aspirons. Ce sera le temps ou plutôt l’éternité de la joie parfaite. Cette joie indicible, inexprimable et pourtant si réelle dont notre existence présente se rapproche sans cesse, sans jamais pouvoir l’atteindre vraiment. Car cette parole du maître si profonde, si réconfortante aussi, ne peut toucher que l’âme de ceux qui ne sont pas déjà rassasiés du bonheur futile et éphémère que la terre peut seulement donner.

Non la joie céleste ne sera jamais propriété de ceux que le plaisir sensible étouffe. Elle ne sera pas non plus partagée par ceux que la crainte a figé, telle la femme de Lot quand elle s’est retournée vers Sodome, tel ce serviteur de la parabole qui n’a pas eu confiance en Dieu et qui a enseveli son talent dans la terre morte de son oisiveté. La vraie joie celle promise à nous par le maître est celle de la paix que l’on ne trouve qu’en Dieu. Celle que l’on obtient en cultivant la foi l’espérance et la charité ; qui se partage et dont le surnom peut être communion, qui est présente même lorsque tout semble aller de travers et qui s’appelle alors persévérance ou longanimité ; qui se vit enfin déjà sur terre et dont tant de saints nous ont montré l’exemple et qui est alors synonyme d’abandon en la sainte Providence. Une fois que l’on a trouvé cet talent là on ne peut que le multiplier et dire avec Jean-Sébastien Bach, « Jésus que ma joie demeure ».

Abbé Alexis de MONTS